Hard rock : Entrez dans le temple du riff – partie 3

La réponse Américaine

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Dépassé par les premiers riffs cinglants de Led Zeppelin, l’Amérique fut néanmoins la première à annoncer la fureur du hard rock. Résultat, alors que les premiers hard rockeurs Anglais sont d’ex représentants du blues rock, le hard rock américain nait des décombres du psychédélisme.

Son histoire commence par un échec, celui de John Cippolina , auteur avec Quicksilver Messenger Service du grand live « Happy Trail ». Adaptant plusieurs classique du blues au son planant du psyché, l’album a imposé le groupe comme un des chefs de fil du mouvement psychédélique.

Mais peut après la sortie de cet album, Cippolina voit déjà les limites de ce rock qu’il juge trop rudimentaire. Il claque donc la porte et , après avoir récupéré le chanteur de Quicksilver , forme son propre groupe.

Bien décidé à s’éloigner des chemins tracés par Quicksilver Messenger Service , Cooperhead se cherche lors de longues improvisations, avant de partir écrire sa légende sur la route. Durant cette période, Cippolina ne cesse d’écrire et, lorsque Cooperhead signe enfin un contrat d’enregistrement en 1972, il dispose d’une série de morceau qui définissent ce que sera le premier album du groupe.

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Celui-ci est enregistré rapidement, et les concerts qui suivent son enregistrement attire l’attention de l’industrie musical. Tous les voyants sont aus vert et en toute logique la sortie du premier album doit provoquer un séisme comparable à la sortie du premier Led Zeppelin.

Mais le patron de leurs maisons de disques a la mauvaise idée de s’embarquer dans un scandale concernant sa consommation de drogue. Privé de l’attention de son label, Cooperhead devra attendre 1973 pour voir le disque débarquer dans les bacs des disquaires. Pire, la maison de disque lâche complètement ses poulains et , privé de publicité , le grand public ignore qu’un groupe américain vient de sortir un classique du hard rock.

Assommé par ce départ catastrophique, Cooperhead sera forcé de raccrocher lorsque Columbia ira jusqu’à refuser de publier son second album. Aujourd’hui, le premier album est disponible au plus grand nombre, et tout le monde peut enfin le reconnaitre comme un des actes de naissance du hard rock américain.

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Au même moment, après avoir côtoyé Hendrix lors des tournée de Vanilla Fudge, Tim Bodger et Carmine Appice ont commencés à travailler avec Jeff Beck . Dès le début de leurs carrières, les musiciens faisaient preuve d’une agressivité peu commune. Doté d’une frappe puissante, Appice était secondé par un Bodger connu pour être le seul bassiste capable de voler la vedette aux guitaristes.

A la mort de Vanilla Fudge, en 1970, les deux musiciens forment ce qui ressemble à un super groupe. A la guitare, on trouve un certain Jim Mccarthy, qui a fait ses armes au coté de Buddy Miles, le batteur d’Hendrix au sein du Band Of Gypsys. Pour porter le tout, le chant est tenu par Rusty Day, qui sort des Amboy Duck, le groupe du jeune Ted Nuggent. L’homme est surtout un grand harmoniciste, et sa voie n’a rien à envier à la grandeur lyrique de Robert Plant et autres Ian Gillan.

Mais le groupe est autant influencé par Free et Humble Pie que par Led Zeppelin, et gardera toujours cet attachement au hard blues. Si la formation est aujourd’hui relativement oubliée, elle fut, pendant sa courte existence, le concurrent le plus sérieux de Led Zeppelin. Et ceux grâce à trois chefs d’œuvres de Boogie hard rock sorties en 1970 et 1971.

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Né de ces deux groupes essentiels, le hard rock va ensuite se diffuser aux quatre coins de l’Amérique. A Boston, Aerosmith parcours les bars dès 1970, il s’y fait les dents en reprenant des classiques du blues rock, auxquelles viennent s’ajouter ses premières compositions.

Résultat, quant ils signent enfin leur premier contrat, le premier album est bouclé en quelques heures. Le groupe produit alors un rock primaire et mélodieux, qui leurs vaudra d’être comparé au Stones.

Mené lui aussi par deux musiciens à la réputation sulfureuse, le groupe commence toutefois à se différencier dès la sortie de « Toys in the Attic ». Si ils gardes les relants de blues des précédents essais, ce troisième album contient deux tubes sur-amplifiés, qui vont définitivement émanciper le groupe. Plus que deux classiques incontournables, « Walk This Way » et « Sweet Emotion » annoncent une période de sommet artistique qui n’a d’équivalents que chez les plus grands.

Porté par ce succès, Aerosmith sortira ensuite « In Rock », dont le rock abrasif influencera largement les Gun’s lors de l’enregistrement d’ « Apetite for destruction ». Le live bootleg viendra refermer cet âge d’or en 1978, en prouvant qu’Aerosmith restait aussi et surtout une bête de scène.

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Quelques kilomètres plus loin, dans la chaleur de Détroit, Alice Cooper met en place son petit spectacle burlesque pour trouver sa place entre les Stooge et le MC5. Ses deux premiers albums, encore trop influencé par le psychédelisme furent produit grâce à un certain Frank Zappa.

L’excentricité burlesque de ce mentor n’est sans doute pas pour rien dans le spectacle que Cooper met en place sur scène, mais il ne trouvera son identité qu’en quittant la sophistication des premiers albums.

Porté par le single « I’m Eighteen », « Love it to Death », le troisième album du Alice Cooper Band, bascule déjà dans un hard rock mélodique et déjanté, qui trouvera son premier aboutissement sur l’album « Killer » sorti en 1971.

A partir de cette date, la popularité d’Alice ne fera que grimper, et, sur scène, chaque titre devient un chapitre d’un grand spectacle scénique grand-guignolesque. Tout aussi indispensable , « Billion Dollar Baby » est sans doute la réussite la plus extravagante du Alice Cooper Band.

Après cet aboutissement, sans doute conscient que son personnage avait besoin de se débarrasser des limites du groupe, Cooper commence à envisager une carrière solo. Ultime classique avant la chute, le premier album qu’il réalise sans son groupe « Welcome to my Nightmare » est une brillante réadaptation de la grandeur progressive à la sauce hard rock.

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Entre temps, sur cette même scène de Détroit, Ted Nuggent commence enfin à faire décoller sa carrière. C’est en 1975 qu’il sort son premier album solo. Véritable monument de puissance, le style de l’album est rapidement surnommé gonzo rock pour souligner la virilité de ces riffs tranchants. De cette date à la sortie de l’assourdissant double live « Gonzo », le Nugg n’aura pas beaucoup d’équivalent en terme d’agressivité sonore et d’énergie.

Enfin, dans l’Illinois, Cheap Trick développe une musique qui semble annoncer la tendance à venir. Grand fan des Beatles, le groupe va passer sa carrière à mêler le hard rock dominant aux mélodies envoutantes du duo Lennon/McCartney.

Ses premier album annonce la mort progressive du hard rock tel qu’on le voit en cette décennie 70. Si ce mélange se limite à une singularité excitante sur les trois premiers albums, le groupe va de plus en plus « moderniser » son coté pop, annonçant ainsi le hard rock dilué et synthétique des prochaines années.

En attendant, on peut encore se réjouir de l’énergie déployée sur le live At Budokan , et apprécier la longue jam de « Need your Love » comme l’un des derniers témoins d’un monde qui s’apprête à mourir.

A suivre …

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