Hard rock : Entrez dans le temple du riff – partie 4

La débâcle

Le concert de Cheap Trick est passé et, comme je l’ai dit précédemment,  c’est toute une époque qui commence à mourir lorsque la jam de « Need Your Love » s’achève.  Comme un symbole, UFO quitte les sentiers du hard psyché dès 1977.

Si, depuis la sortie du premier album des Ramones, le hard rock commence déjà à être vu comme un genre pompeux et boursouflé, ont peut saluer leurs rapidités de réaction.  Car les Australiens ont détectés un autre phénomène, plus pernicieux celui la, la construction d’un hard rock vendu aux radio et aux hits parades.

La magouille à commencée lorsque les maisons de disques eurent l’idée de « normaliser » les séances d’enregistrements. Dylan sera le premier à se plaindre, en affirmant que ce trop plein de confort nuit à sa créativité !

Toujours est-il que, désormais, les enregistrements se font presques systématiquements dans des  studios sophistiqués. Peu importe le fait que Black Sabbath ait enregistré son premier album sur une simple cassette, on veut désormais du professionnel.

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C’est que les radios prennent une place de plus en plus importante, et les producteurs commencent à largement écouter ce qui ce passe dans le poste. Le plus grand nombre étant plus friand de bluette sirupeuse que de hard / blues incisif, il en aura jusqu’à la nausée pendant les années à venir.

Sortie à partir de 1977, les albums qui feront décoller UFO sont dans cette veine soft/hard rock. « Light’s Out » et « Obsession » sont loin d’être mauvais, et contiennent leurs lots de tubes irrésistibles. Mais les ballades mièvres et leurs productions cleans et très dans l’air du temps sont déjà le signe d’un malaise. Le constat est encore plus cruel quant on voit ce que deviennent ses chansons sur le plus nerveux « Stranger in The Night ».

Enregistré en live à Boston , il libère l’énergie des compositions, et montre clairement que, dans l’ombre des studios, les groupes veulent désormais correspondre à un son, qui leurs permettraient d’obtenir  la gloire.

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Peu après, Van Halen sort un premier album incontournable, où brille le jeu très rapide de son guitariste. Tapi derrière ce jeu impressionnant, le synthé prendra de plus en plus de place au fil des albums. En créant un son unique, les radios, maisons de disques, et certains groupes pensaient sans doutes assurer leurs bénéfices, en vendant la même musique à tous.

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Dans le même temps , en 1980 , John Bonham meurt d’une intoxication à l’alcool. C’est tout un symbole qui s’effondre, celui de la naissance triomphante du hard rock , mais aussi du gigantisme vomit par les punk. On me répondra que le groupe était déjà en plein déclin, et que Page était si empêtré dans ses problèmes de drogues qu’il a quasiment laissé la production du dernier album à John Paul Jones.

Oui, mais Led Zeppelin c’était le symbole d’un hard rock insolent et libre, qui se renouvelait au contact d’influences diverses et variées , comme la folk ou le funk.

Ce symbole effacé, la prochaine décennie part dans les méandres de la standardisation. Même les vieux s’y mettent et, si le Blue Oyster Cult ne s’en tire pas trop mal avec l’album « Cultosaurus Erectus » , Aerosmith, Whitesnake, ou Scorpions ,sacrifient leurs glorieux passé pour une réussite facile. Ne parlons pas de Bon Jovi , dont le seul intérêt et de vendre des albums par palettes.

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Le rock est désormais un business, et les groupes ne semblent plus en mesure d’innover dans ce carcan asphyxiant. Aboutissement de cette déchéance, Queen continue de faire hurler la critique. Déjà à ses débuts, on pouvait lire dans les revues spécialisées « Queen n’a pas assez d’imagination pour jouer du rock ». Il le prouve des 1980 en assumant, comme si c’était subversif, l’arrivée massive des synthés sur leurs albums.

Comme prévus, les ventes seront plus que jamais aux rendez vous et, après avoir fait tourner des cyclistes nus dans un clip « culte » , le groupe verra son chanteur mériter son surnom de « Castafiore à moustaches » en chantant avec la cantatrice Montserra Cabares. Le ridicule ne tue pas celui qui s’en couvre, mais le rock semble agoniser.

Heureusement, 1987 est aussi l’année de deux sorties majeurs. La première est due à un groupe de Californie à la réputation sulfureuse. Mené par Axl Rose et Slash , les Guns n Roses parcours les bars louches de Californie, et ne doivent leurs survis qu’a la générosité de quelques strip teaseuses, qui les hébergent entre deux concerts.

Après un premier EP live sorti en édition limité, le groupe sort le monumental « Apetite For Destruction ». Porté par l’énergie de Slash et la voie agressive d’Axl Rose, le disque permet au hard rock de renouer avec l’efficacité et la puissance de ses débuts.

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Pourtant l’album ne se vend pas, et il faudra toute la persévérance de leur manager pour convaincre MTV de diffuser le clip de « Welcome To The Jungle ».
Quant elle accepte enfin de le programmer à minuit, le standard de la chaine est bombardé d’appel de jeunes qui réclament une rediffusion du titre. « Appetite » devient donc enfin un classique plusieurs semaines après sa sortie, et les ventes décollent de façon fulgurante.

Dès lors les symboles s’inversent et, sentant le vent tourner, The Cult quitte les rives florissante de la new wave, pour explorer les chemins plus naturels du hard rock des pionniers. On aurait pu les taxer d’opportunistes, si l’album qui en résultait n’était pas une telle réussite. Situé entre le hard rock direct d’AC/DC , et le hard/blues Stonnien des premiers Aerosmith, c’est aussi le second signal de la résurrection à venir et l’arrière garde ne pouvait qu’en profiter.

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Décomplexé par son énorme concert à Paris en compagnie des Guns, Aerosmith ose de nouveau balancer les décibels. Sorti en 1989, « Pump » renoue avec la grandeur de leurs plus grands disques. AC/DC retrouve aussi un certain succès après une longue traversé du désert et « The Razor Edge », sorti en 1990, obtient un succès qui ne se démentira plus jamais.

Si le hard rocker des années 80 eu souvent l’impression d’être dans la peau de Laurence D’Arabie, cherchant dans une décennie désertique quelques oasis de sincérités salvatrices, les années à venir allait le réanimer.

A suivre …

 

 

 

 

 

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