Rock Progressif : Un autre univers – partie 5

Un déclin amorcé en 1978

Contrairement aux légendes, le prog a survécu aux premiers pavés punks de façon honorable. Symbole de cette adaptation,« Animals » de Pink Floyd et « Going forThe One » de Yes montraient que ces vieux virtuoses savaient s’adapter sans se perdre en route.

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Le premier le fera en se dotant d’un son plus énergique, et d’un concept marxiste qui ferait passer les punks pour de gentils conformistes. Yes pari plutôt sur un son plus moderne, à l’image de la pochette de « Going For The One » signé par les légendaires studios Hygnosis.

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Un an plus tôt, Genesis perd Peter Gabriel, et opère un retour aux sources radical avec « Wind An Wuthering ». Tranchant radicalement avec les vignettes musicales de « The Lamb Lies Down On Broadway », l’album revient au rock majestueux qui a fait le succès du groupe.

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Mais ces albums ne sont que les derniers éclats glorieux de ces vieux héros. Le paysage musical est en pleine mutation, et ses changements, alliés aux caprices du business de la musique, vont porter un autre coup au rock progressif.

Dans un premier temps, les exigences des producteurs ont changés. Grisés par les chiffres de ventes ahurissant de certains albums, ils se mettent en tête de bannir tout album qui ne collent pas à leurs critères de succès.

Les radios aussi évoluent, de plus en plus tributaires de leurs recettes publicitaires, elles ne passent plus que les grands succès du top 40, capables d’attirer le plus grand nombre d’auditeurs. Avec son ambition artistique, le rock progressif ne pouvait que subir de plein fouet cette glorification du conformisme artistique.

Et c’est en voulant s’adapter à ces dictats que les Genesis, Emerson Lake et Palmer encourent vers un déclin inéluctable. Tous ces groupes vont progressivement renier leurs ambitions, et produire une pop parfois sympathique («Duke » de Genesis), souvent médiocre (« Love Beach » d’ELP et « Tormatoe » de Yes), mais toujours mortelle.

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Ce déclin n’est pourtant pas généralisé et, comprenant que leurs vieux collègues sont en bout de course, certaines ex-gloires se réunissent au sein de super groupes éphémères. Parmi les plus brillants, on trouve UK.

Composé d’ex musiciens de King Crimson, Soft Machine, et d’un violoniste ayant fait ses armes dans l’orchestre de Frank Zappa, UK sort un premier album délicieusement anachronique. Malgré une production moderne, et l’utilisation du tout jeune synthétiseur, la qualité des compositions et des instrumentaux « UK » (l’album) est une véritable révolte contre les limites de l’époque.

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A l’image de ces musiciens, Steve Hackett semble avoir préservé sa créativité en quittant son groupe. Alors que Genesis, sous l’impulsion de Phil Collins, devient un groupe de pop à succès, Hackett sort le majestueux « Voyage Of The Acolyte ». Récupérant le public abandonné lors du virage artistique de Genesis, cet album permet à Steve Hackett de donner un second souffle à sa carrière.

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Dans le même temps, un stadium rock de plus en plus formaté atteint le sommet des charts, on ne s’étonnera donc pas que d’ex Yes lancent dans ce secteur porteur. On leurs rendra tout de même justice en affirmant que le premier album d’Asia, malgré une production qui a bien vieilli, reste plus sympathique que les succès de Journey et autres Foreigner.

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Le rock progressif fait pourtant toujours rêver les jeunes musiciens, qui continuent à s’y convertir. Comme Rush, une jeune formation qui va progressivement complexifier son hard rock l pour aboutir au chef d’œuvre hard prog qu’est « 2112 ».

On me rétorquera que l’album est sorti en 1976, à une époque où tout n’était pas encore perdu, et que le groupe s’est par la suite empressé de se conformer aux canons de l’époque. Il n’empêche que ces œuvres les plus progressives continueront d’inspirer la scène progressive bien après le chaos des années 80.

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Mêlant une production très moderne à un rock symphonique dans la lignée de Genesis, Marrillion parvient à prouver que la musique progressive peut trouver un compromis entre les exigences de son époque et une certaine ambition artistique.

Ce sont des milliers de nouveaux adeptes qui se pressent pour assister aux représentations théâtrales du groupe de Fish, le digne descendant de Peter Gabriel. Appuyé par cet engouement, le premier album du groupe obtient des ventes encourageantes, mais ce n’est rien comparé au succès impressionnant de « Misplaced Childhood ».

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Véritable orgie de textes conceptuels, de longs chorus de guitare, de compositions à rebondissement, et de claviers décomplexés, l’album prouve que le rock progressif a encore un avenir commercial.

A Suivre…

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