Le Rock et ses racines : Plongez dans le Blues Rock – partie 1

Résultat de recherche d'images pour "the rolling stones"
Lorsque le mot « Blues Rock » entre dans la conversation, beaucoup sont tentés de crier au pléonasme. S’il est de notoriété publique que c’est bien le passage à l’électrique de plusieurs bluesmen qui a donné naissance aux premiers riffs Rock’n’Roll, il n’est pas incongru de parler de Blues Rock.

Lorsqu’il vit arriver les premiers rockers, Muddy Water eu ses mots magnifiques « le Blues a eu un fils et il se nomme Rock’n’Roll». Quelques années plus tard, c’est tout une génération de blancs becs qui va retravailler cette glorieuse matière pour construire sa propre culture. C’est le fameux Blues boom anglais, et ses groupes ultras cultes.

Image associée

Et comment parler de Blues Rock anglais sans s’intéresser aux Stones ?
Tombé amoureux du rock grâce au « Heartbreak Hotel » d’Elvis, Keith Richard va rapidement s’intéresser aux bluesmen à l’origine de cette explosion sonore. Issu d’une famille modeste, le jeune guitariste écoute ses héros sur un petit transistor, jusqu’au jour où un certain Mick Jagger le voit passer avec son seul vinyle de Chuck Berry sous le bras.

Etudiant en économie, Jagger est surtout « le meilleur chanteur de Rythm’n’Blues de ce côté de l’Atlantique » selon les dires d’un Keith Richard subjugué par ses performances. Les deux hommes écument les bars où de jeunes musiciens se produisent.

C’est dans l’un d’eux que, concentré sur sa guitare, Brian Jones livre devant eux une reprise passionnée de « Dust My Broom » d’Elmore James. La base des Stones est enfin réunie, Bill Wyman est recruté car il a déjà son ampli, après des mois de discussions, Charlie Watt rejoint enfin la bande.

Plus attiré par le Jazz, le batteur a longuement hésité avant de céder aux sirènes du Blues. Mais c’est justement son feeling issu du Jazz qui a attiré ses collègues, et qui fera tant pour le son si particulier des Stones.

Le groupe vit ensuite le parcours initiatique de tout aspirant bluesman. Les concerts sous payés, ou Mick Jagger parvient à gérer des espaces minuscules, sous les yeux admiratifs de son guitariste, s’enchainent. La notoriété du groupe ne cesse de croitre et, lorsqu’Alexis Corner est contraint d’annuler son concert au Marquee de Londres, c’est eux que le club contacte pour le remplacer.

Résultat de recherche d'images pour "muddy water rolling stone"

Sentant le vent tourner, le gang contact, Jazz News, un grand magazine musical, afin qu’il publit une annonce sur leur concert à venir. Le rédacteur leur demande le nom du groupe, ce qui déclenche la panique du quatuor, qui n’avait pas encore songé à ce détail. Sur le sol, une compilation de titres de Muddy Waters attire l’œil des musiciens. Cette compilation ce nomme « Rolling Stones Blues », le nom est trouvé, et la légende est en marche.

Rapidement pris en main par Andrew Loog Oldman , et signé chez Decca , le label qui a refusé les Beatles, les Stones s’affirment comme l’antithèse du groupe de Liverpool. Ils se construisent ainsi une image sulfureuse, portée par le slogan « laisseriez-vous votre fille sortir avec un Rolling Stones ? ». Mais surtout, la pop moderne des Beatles s’oppose aux premiers enregistrements des Stones, composé de reprises de classique du Blues.

Image associée

Alors que les Beatles composent leur propre répertoire, le groupe ne peut plus continuer à piocher dans le Blues américain. Son manager enferme donc Keith Richard et Mick Jagger dans une pièce, en affirmant qu’ils ne sortiront qu’après avoir écrit quelque chose. Influencés par leurs participations à l’enregistrement d’un tube écrit par le duo Lennon/McCartney, ils finissent par pondre le très pop « As Tears Go By ».

Repris par Marianne Fairthfull, le titre atteint le sommet des charts, rapidement rejoint par « Satisfaction » et son riff orgiaque, que Keith aurait entendu dans son sommeil. Puis vient « Paint It Black », marqué par le sitar du multi instrumentiste Brian Jones.

Résultat de recherche d'images pour "rolling stones aftermath"

Paradoxalement, sa descente aux enfers liés à la prise de pouvoir du duo Jagger/Richard va permettre au groupe d’atteindre son sommet créatif. Très discret sur « Beggars Banquet », Jones est inexistant lors de l’enregistrement de « Let It Bleed », obligeant ainsi Keith Richard à assurer la majorité des parties de guitares. Quelques jours plus tôt, Keith à découvert l’ Open Tunning , une façon spécifique d’accorder sa guitare très utilisée dans le Blues, et inaugure le virage puriste que prennent les Stones.

Image associée

Lorsque Mick Taylord vient remplacer un Brian Jones tué par sa disgrâce, il ne fait que renforcer ce virage. Issu des Bluesbreakers de John Mayall, le guitariste apporte un feeling irrésistible qui sublime « Sticky Finger », un album qui donnera des idées à Aerosmith, pour ne citer que lui.

Résultat de recherche d'images pour "rolling stones sticky fingers"

Parlons-en d’ailleurs de ces Bluesbreaker. Fondé en 1963, le groupe est l’œuvre de John Mayall , qui en fait une véritable pépinière de talent. Peter Green et Mick Taylord sont entre autre passés dans ses rangs. Mais le groupe sortira son plus grand chef d’œuvre avec un autre futur incontournable du Blues Rock anglais : Eric Clapton.

L’homme vient à l’époque de claquer la porte des Yardbirds, autre groupe incontournable de la scène anglaise, dont il ne supporte pas le virage pop. Il entre donc chez les Bluesbreakers auréolé du surnom de « God » , suite au graffiti d’un fan affirmant « Clapton is God ».

Les Yardbirds ne resteront toutefois pas longtemps dans le sillage de la pop anglaise, et le remplacement de Clapton par Jeff Beck permettra au groupe de sortir le puissant « Roger The Enginer » la même année.

Image associée

Véritable révolution du Blues anglais, l’album est le derniers Blues hargneux d’un groupe qui deviendra bientôt le laboratoire de Jimmy Page, qui sera seul à la tête de la formation quelques mois plus tard.
Le son des Yardbirds sur cet album est sans doute à l’origine des premiers rugissements de Led Zeppelin. Cette proximité fera naitre une rancœur tenace chez un Jeff Beck toujours condamné aux ventes modestes.

De son côté, si les Yardbirds lui ont permis de forger sa légende sur scène, c’est avec les Bluesbreakers que Clapton va sortir son premier chef d’œuvre discographique. Nous sommes en 1966 et, alors que les Stones ont émancipé le Rock de ses racines avec « Aftermath », « John Mayall Bluesbreaker with Eric Clapton » (l’album) vient puiser profondément dans ces mêmes racines.

Image associée

Mais surtout, conscient de l’avantage qu’offre un guitariste tel que Clapton, l’album met sa guitare au premier plan. Véritable révolution, cette initiative marque la naissance du Blues Boom anglais, et annonce les futurs exploits de Led Zeppelin et autres Deep Purple.

Cette veine pré Hard Rock, Clapton continuera de l’exploiter au sein de Cream, qui le voit s’éloigner du Blues pour le psychédélisme nerveux de « Disraely Gear » avant d’y revenir en force sur « Wheels of Fire ».

Après que les égaux aient peu à peu détruit Cream, qui s’est toujours affirmé comme la rencontre de trois pointures de la pop anglaise, Clapton rencontre Duane Allman, et forme avec lui le groupe éphémère « Dereck and the dominos ». Sortie en 1970, « Layla », le seul album de la formation marque une volonté de revenir à un Blues Rock plus classieux et mélodique.

Image associée

Chez ses voisins Irlandais, un autre guitariste nourrit au Blues est en train d’écrire sa légende. Comme Keith Richard, Rory Gallagher a forgé son jeu sous l’influence de Chuck Berry, Eddie Cochran , et de la musique noire venue du delta du Mississipi. Après quelques passages dans de petits groupes, Rory décide de former un power trio, la formule guitare basse batterie étant idéale selon lui.

Le groupe signe rapidement avec un label mais, pressé de découvrir le potentiel commercial du groupe, la maison de disque veut sortir les premiers singles écrit par le groupe. Rory refuse fermement, il veut sortir un album et rien d’autre. Le label se passera toutefois de son autorisation, et les titres que Gallagher considérait comme inachevés sortiront quelques jours plus tard.

Le groupe ne décolle pas pour autant, mais il parvient tout de même à partir pour l’Angleterre. Là-bas, il se forme aux coté du Fleetwood Mac de Peter Green et de Cream et de John Mayall, des artistes en plein âges d’or.

Image associée

Rory Gallagher développe ensuite un grand intérêt pour le Jazz, et Django Reinhardt rejoint la liste de ses influences majeures. Taste développe alors une musique hybride, où le blues domine mais n’hésite pas à s’embarquer dans des instrumentaux jazzy. Le résultat est plébiscité lors du concert à l’Isle de Wight, un événement historique qui réunit Taste, les Who , Hendrix et quelques autres figures légendaires.

Lorsque « On The Board » sort, une partie du groupe souhaite radicaliser cette voie en produisant une musique plus ambitieuse. Mais Rory sait qu’il ne pourra aller plus loin dans cette voie, il veut renouer avec le Blues et il le fera seul.

Il participe ensuite à un projet d’album censé réunir les géants du Blues américain. Le disque vise à enregistrer les grands du Blues entourés de leurs musiciens habituels et des jeunes blancs becs ayant renouvelés le Blues. Gallagher se retrouve ainsi dans le même studio que ses idoles Muddy Waters et Howling Wolf, et est entouré de Charlie Watt, Eric Clapton, Bill Wyman, pour ne citer que les plus illustres.

Image associée

Le disque a des allures de passage de témoin, et il annonce le sommet de la carrière solo de Rory Gallagher. Il sort, en 1973, « Tatoo », un album grandiose qui s’insère à la suite des grandes œuvres de ses héros. De retour au Pays, son jeu plein de feeling sera salué par une foule en délire. Capté sur le live « Irish tour », ce moment historique explique pourquoi Hendrix le considérait comme le meilleur guitariste au monde. C’est d’ailleurs ce feeling qui incitera les Stones à le contacter pour remplacer Mick Taylord. Mais Rory ne roule que pour sa musique, et il refuse rapidement une proposition qui lui aurait assuré une carrière glorieuse et tranquille.

Résultat de recherche d'images pour "the who live at leeds"

Autre groupe incontournable issu du Blues Boom anglais, les Who doivent aux Stones le célèbre moulinet de Pete Towshend , qui fut pendant une courte période un gimmick utilisé par Keith Richard. Mais le groupe aura un parcours bien différent, révélé par le tube « My Generation », il devient la coqueluche du mouvement Mods. Composé de jeunes passionnés de Rythm’n’Blues et soignant leurs tenues vestimentaires, le courant plébiscite leurs 45 tours. « My Generation », « Magic Bus », « Tatoo », les Rhythm’n’blues combo trustent les sommets des charts.

Mais c’est surtout sur scène que le groupe se révèle pleinement. Capté sur le fulgurant « Live at Leeds » , la furie du groupe annonce les futurs pavés Punk avec près de dix ans d’avance. Et pourtant il ne s’agit que de Rythm’n’Blues joué par un groupe soudé, et porté par la folie rythmique de Keith Moon.

Conscient qu’il ne pourra pas continuer indéfiniment dans une voie aussi répétitive, le groupe sort le controversé « Tommy », un Opéra Rock qui marque son entrée dans une musique plus adulte. Nous sommes en 1969 et le Blues Boom semble déjà se terminer en Angleterre

A suivre…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :