Le Punk Anglais – partie 3

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New York 1976, dans le public d’un des premiers concerts des Ramones, Malcolm Mclaren assiste à une révolution dont il sent la future grandeur. Face à lui, les musiciens ne sont pas des virtuoses, on peut même dire que les Ramones jouent vite pour faire oublier leurs limites.

Mais c’est justement cela qui marque le jeune manager. Déjà connu pour son rôle auprès des New York Dolls, il voit chez les Ramones toutes les promesses portées par son ancien groupe, et qui semblent enfin se réaliser. Chacun peut et doit désormais créer un groupe, le grand empire des virtuoses Rock s’effondre, et le Rock souhaite enfin revivre son âge de pierre.

Il rentre donc à Londres, fonde la boutique « Sex », et se rapproche de jeunes hommes souhaitant créer un groupe. Symbole de ce qu’il veut créer, Johnny Lydon propose ses services en tant que chanteur. L’homme n’a jamais chanté et, lors de son audition, il massacre le « I ‘m Eighteen » d’Alice Cooper, dont il ne connait pas les paroles.

Les autres musiciens sont dubitatifs, mais McLaren a vu dans ce jeune garçon l’énergie primaire et vindicative qu’il veut apporter à la musique anglaise. Le chanteur est renommé Johnny Rotten à cause de son mauvais caractère, et il ne manquera plus que l’inclusion de Sid Vicious pour que la légende soit complète.

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Commence alors un parcours fait de concerts chaotiques, que le groupe termine rarement, et de provocations anarchistes. La première sera « God Save The Queen », premier 45 tours du groupe, promus en grande pompe lors du jubilé de la reine. Ce jour-là, un bateau passant le titre à fond s’approche au plus près du palais de Buckingham.

Ce coup d’éclat ne sera pas sans conséquences et, alors qu’il traine dans un parking Johnny Rotten est agressé par deux royalistes, qui l’attaquent au couteau. Dans un réflexe salutaire, le chanteur parvient à se cacher sous une voiture, la sulfureuse histoire des Pistols à bien faillit s’arrêter sur un drame.

Mais l’Angleterre est prévenue, un mouvement est né pour répondre au désespoir de la jeunesse anglaise, écartelée entre le chômage et la crise économique. Invité sur un plateau de télé lors d’une émission grand public, le groupe multiplie les obscénités, et le nihilisme Punk entre dans les foyers anglais.

Ces exploits médiatiques permettent surtout de continuer à exister alors que, effrayé par les provocations du gang, la première maison de disques des Sex Pistols les a lâchés avant l’enregistrement du premier album.

Ajoutez à cela la censure de plusieurs disquaires, qui refusent de distribuer le premier 45 tours, et vous comprendrez que le plan de communication de McLaren a littéralement permis au groupe de survivre. En les parant d’accessoires issues de sa boutique, l’homme a créer une esthétique qui, en plus d’influencer tout un mouvement, permet au groupe de garder une certaine popularité.

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C’est cette popularité qui incite la moins frileuse EMI à signer le groupe en 1977. Le vrai contrat est bien signé dans les bureaux de la maison de disque mais, pour ajouter à son génial plan de com, McLaren organise un autre coup de com.

C’est ainsi que, visiblement saouls, les Pistols viennent signer un faux contrat sous les yeux de bobbies amusés. La presse est au rendez-vous, les appareils photos crépitent, le coup d’éclat est réussi. « Nevermind The Bollock » sort quelques semaines plus tard, et s’affirme bien comme le séisme annoncé. Premier pavé Punk , le disque sera la fierté d’un McLaren heureux d’avoir prouvé que « n’importe qui peut faire du Rock ». Le message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

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Premier à être secoué par ce nouveau séisme, Joe Strummer découvre le Punk lorsque les 101e, son groupe, doit assurer la première partie de la bande de Johnny Rotten. Après son passage, Strummer est subjugué par la musique que jouent les Pistols.

Il se rend alors compte que son groupe et ses rengaines Rythm’n’Blues appartiennent déjà au passé. Approché par Mick Jones et Paul Simonon , deux fondateurs du groupe London SS, le chanteur accepte rapidement leur proposition de former un nouveau groupe.

Influencé par la philosophie d’un mouvement qui commence déjà à émerger, les musiciens commencent par confectionner leurs uniformes de scène. Ce nouveau look attire l’attention d’un certain Bernie Rodes, un grand amateur des films de Godard, qui affirme à qui veut l’entendre qu’il a assisté émerveillé à la révolte française de mai 68. C’est cet événement qui lui a donné l’idée de se servir du Rock pour propager ses idées libertaires, et ce gang rapidement nommé Clash sera son outil de sa propagande.

Il incite Joe Strummer à écrire « sur ce qui l’énerve », influençant ainsi « White Riot » et les autres brûlots rageurs d’un premier album mêlant l’énergie des Ramones à la hargne revendicatrice des Sex Pistols. Mais les Clash ont surtout envie de mettre leurs messages à la portée du plus grand nombre.
Pour cela, ils s’offrent les services de Sandy Pearlman, le producteur à succès connu pour son travail auprès du Blue Oyster Cult. La production léchée de celui-ci sur « Give Em Enought Rope » montre clairement les ambitions commerciales du gang , et les punks hurlent à la trahison.

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Mais, ce que l’album ne masque pas, c’est cette multitude d’influences qui fait la force du gang. Cette force s’exprime pleinement sur « London Calling », le double album testament des seventies.
Pour atteindre le succès ses ambitions, le Clash a désormais décidé de s’exprimer sans retenue, revisitant ainsi tous les courants qui ont marqué une décennie bénie. Rock, Jazz, Reggae et Pop cohabitent dans une célébration dont la maturité dépasse de loin les limites du mouvement Punk.

Pour convaincre sa maison de disque de sortir l’album à prix réduit, le groupe accepte de renoncer à une large partie de ses bénéfices.Ils referont le coup sur l’album suivant, « Sandinista », triple album vendu lui aussi à prix réduit.

Mais cette générosité incite le groupe à tourner sans cesse, et les tensions s’accentuent au sein des Clash. Mick Jones et Topper Headon sont ainsi virés sans ménagement, et la dissolution du groupe arrive rapidement en 1986.

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Autre figure incontournable du Punk, Paul Weller a eu sa révélation en écoutant « Down By The Jetty », un album de Dr Feelgood sorti en 1973, et qui annonçait déjà l’énergie réjouissante du Punk. The Jam démarrent donc, un Rhythm’n’blues survitaminé dans les pubs anglais. C’est pendant cette période que Paul Weller se passionne pour les musiciens des années 60.

La pop énergique des Small Faces et autres Who rejoint ainsi la folie Rythm’N’Blues des Jam. C’est à la même période que le groupe découvre les Sex Pistols et le Clash, deux groupes qui ont les mêmes influences que lui, et qui l’encouragent à radicaliser sa musique.

Cette formule leur permet de signer un contrat avec Polydor, et « In The City » sort en 1977, à peine un mois après le premier album des Clash. Le groupe est alors embarqué dans la tourmente Punk, même si une partie du mouvement voit d’un mauvais œil cette bande d’arrivistes jouant en costume cravate.

Cultivant sa singularité, le groupe à lui-même nié cette appartenance au mouvement, préférant se classer sous une étiquette « New Wave » plus généraliste. Il n’empêche que les Rhythm’n’blues speedés du groupe entrent parfaitement en résonance avec les riffs de Steve Jones et Joe Strummer. D’ailleurs, avec « This Is The Modern Word » et « All Mod Cons », le groupe devient malgré lui un des fers de lance du mouvement Punk.

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Soucieux de montrer qu’il a plus d’ambitions que le Punk moyen, Paul Weller imagine alors un album centré autour de l’histoire de trois jeunes anglais. Censé exprimer les tourments de son époque, le projet sera vite abandonné, et Weller se contentera de garder certaines chansons et de combler le reste avec des titres rocks de haute volée.

Weller, à l’image de Pete Towshend pour les Who, voulait donner à son groupe une direction plus adulte,capable de lui offrir un second souffle. Bloqué par les limites techniques de son groupe, il met fin au Jam et renie un album qu’il voit comme un échec.

Le disque est pourtant un joyau qui, malgré les limites de ces géniteurs, parvient bien à s’éloigner des limites du Punk. Mais Paul Wheller avait sans doute senti un changement plus profond, la mort du Punk qui ne survivra bientôt plus que grâce aux derniers exploits des Clash.

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Entre temps, une sorte de Buddy Holy sous amphétamines balance sont Pub Rock sur un ton hargneux, qui lui vaut d’être rapidement repéré. Sortie en 1977, le premier album d’Elvis Costello est un succès immédiat. Il faut dire que, à une époque où les punks martèlent leurs slogans rageur, un personnage tyrannique, se moquant des réalités contemporaines, ne pouvait qu’obtenir les faveurs de la jeunesse anglaise.

Mais Costello est surtout un songwritter accompli, accompagné par un groupe qui, s’il n’a rien à envier à l’énergie de ses contemporains, les dépassant largement en virtuosité. La presse ne s’y trompe pas, et on le qualifie rapidement de Dylan punk. Accompagné d’un groupe qui ne relâche jamais la pression, Costello sort son premier chef d’œuvre,« This Year Model », en 1978.

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Encore très marqué par l’énergie Punk, le disque lui donne l’occasion de déverser sa colère sur la mode, les américains, et bien sûr les radios. « This Year Model » est suivi par le plus musical « Armed Force ». Honteusement oublié, l’album montre son côté plus pop, et lui permet de survivre à la mort de son mouvement.

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En 1985, Costello produit le groupe irlandais The Pogues. Officiellement, le Punk est déjà mort depuis quelques années, mais le coté destroy du gang semble tout droit sorti d’un concert des Sex Pistols. Résultat de cette collaboration haute en couleur, « Rhum Sodomy And The Lash » est un disque unique, une version Punk du folklore irlandais.

Par la suite, avec les Pogues ou les Dubliner, Shane Mcgohan ne cessera de faire vivre l’esthétique destroy du Punk. Sur scène, il arrive souvent ivre avant même d’avoir chanté le moindre morceau, ce qui ne l’empêche pas de jouer sa musique unique avec une conviction qui force le respect.

Le punk est mort, vive le punk ! Et ceux qui ne tarderont pas à perpétuer son message.

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