All The Young Dudes : le Glam Rock

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Juillet 1969, l’Angleterre comme le reste du monde retient son souffle, Appolo 11 vient d’atterrir et l’homme s’apprête à fouler pour la première fois le sol lunaire. En fond sonore, un jeune musicien inconnu nous compte l’épopée fantastique du Major Tom, un cosmonaute perdu dans l’espace.

Le public anglais vit alors, en plus d’une avancée scientifique majeure, la naissance d’une musique qui va profondément marquer sa culture. Boosté par cette publicité exceptionnelle, « Space Odity » atteint le sommet des ventes de 45 tours, on ne peut malheureusement pas en dire autant du disque du même nom. Le disque est une déception et, à part son morceau titre, ses compositions sont plus proches d’une imitation hasardeuse de Dylan que d’une avancée majeure dans le monde de la pop.

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Cet échec sera suivi par le très hard rock « The Man Who Sold the world », qui montre encore une fois que Bowie ne parvient pas à concrétiser les splendeurs annoncées par « Space Odity ». Issu lui aussi d’une culture folk, Marc Bolan profitera de ces échecs pour produire le premier disque de glam rock. Sorti en 1971, « Electric Warrior » est le plus beau hold-up réalisé par un groupe anglais, le tout emballé dans une pochette signé Hygnosis.

Résultat, à une époque où le 33 tours est sacralisé, Bolan et son groupe T-Rex deviennent le leader du mouvement que Bowie avait pourtant annoncé. Lors du passage de T-Rex à la BBC, où il assure la promotion de l’album, le public découvre un chanteur à l’allure androgyne, jouant un rock délicieusement mélodique avec la simplicité des pionniers.

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L’esthétique et le son glam étaient enfin nés, et l’album allait se vendre par palette. La même année, Bowie publie « Hunky Dory », petit bijou mélodique qui s’approche enfin des splendeurs de ses premiers tubes. Malheureusement, l’album est noyé par le succès de « Electric Warrior », il va surtout être suivi par LE chef d’œuvre de Bowie.

Car, frustré par le succès de celui qui a démarré sa carrière en même temps que lui, Bowie s’enferme rapidement en studio. Là , entouré d’un groupe qu’il renomme les « Spiders From Mars », il travaille sur un album centré sur une histoire digne des pires séries B de science-fiction.

Mais surtout, grand admirateur de Brel, il travaille son chant , piochant dans les gémissements désespérés du chanteur belge la matière capable de transcender le glam. Accompagné par un groupe vigoureux, Bowie mêle la beauté d’un chant mélancolique, et l’énergie viscérale d’un groupe qui aurait pu jouer pour Chuck Berry.

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« Ziggy Stardust » sort en 1972, et enclenche un phénomène que l’Angleterre n’a plus connu depuis la Beatlesmania. Lors de chaque concert, Bowie prend les traits de l’extraterrestre sexuellement ambigüe qui est au centre de son album. Les concerts sont complets, et Bowie effectue chaque prestation devant un public hystérique.

De son coté, T-Rex sortira encore deux grands albums, sans atteindre les hauteurs sur lesquels plane son rival. Bowie est sur le toit du monde, et en profite pour draguer les États-Unis avec un « Aladin Sane » présenté comme « le voyage de Ziggy Stardust en Amérique ».

Mais même les plus grands ont leurs héros et, entre deux concerts, Bowie tombe en admiration devant l’énergie Rythm’N’Blues de Mott The Hopples. En faites, le groupe partage les mêmes racines folk que lui, mais n’a jamais su définir son identité. Ses premiers albums ont ainsi navigué entre le hard rock primaire, le Rythm’NBlues mélodique, et la folk légère, le tout dans l’indifférence générale.

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Lassés de ce succès qui semble les fuir, les musiciens sont au bord de la séparation, et il faudra toute l’énergie d’un Bowie en pleine grâce pour les convaincre de continuer. Il parvient tout de même à les convaincre d’enregistrer un nouvel album, dont il se chargera de la production.
Il les adapte donc à la vague glam dominante, et leur offre une production très pop, taillée pour les sommets des ventes. Porté par le succès de son morceau titre, cadeau de Bowie à ses protégés, le disque atteint bien les sommets commerciaux espérés.

Le groupe reprendra ensuite la formule proposée par Bowie en abandonnant sa production, trop mielleuse selon eux. C’est ainsi que sortiront « Mott » et « The Hoople », deux albums mêlant la beauté du glam à une puissance digne des Who.

Le groupe parviendra, dans la foulée, à conquérir l’Amérique lors d’une tournée historique. Ces prestations donneront naissance à un live d’anthologie, et seront racontées dans le livre autobiographique « USA 1972 ». Mais le rythme des tournées affecte la santé du chanteur Ian Hunter, qui est hospitalisé en 1974, lors d’une autre tournée américaine. Le groupe est contraint de finir la tournée sans lui et , voulant entamer une carrière solo, Hunter provoque la dissolution du groupe.

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Au même moment, un autre groupe bercé par le Rhythm’n’blues fait une entrée fracassante dans les sommets des ventes. Depuis quelques mois déjà, ces prestations orgiaques, où il réadapte Steppenwolf ou Janis Joplin, défraient la chronique. Sorti en mars 72, leurs premiers live a déjà secoué les amateurs de gros rock, balancés avec la sincérité des début.

Sortie en novembre, « Slayed » est la seconde secousse produite par les anglais. Se permettant de reprendre Janis Joplin, dans une version survitaminée de « Move On », le groupe balance un Rhythm’n’blues joué avec un entrain apte à séduire la génération bercée par Bolan et autres Mott The Hoople.

Pendant ce temps en ce début de 70’s, Lou Reed est dans une situation délicate. Après avoir claqué la porte du Velvet Underground, un autre groupe que vénère Bowie, Lou Reed s’est retiré de la scène pendant un an. Ennuyé par la retraite de celui qui fait parti de ses influences majeures, Bowie lui propose de s’occuper de la production de son premier album solo.

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Lorsqu’il entend cette proposition, Lou Reed commence par envoyer son poing dans la figure de ce jeune effronté, avant de le recontacter quelques semaines plus tard. Sorti en 1972, « Transformer » lui permet de reprendre l’inventaire de ces sujets sulfureux, mais sur une musique clairement dans l’ère du temps.

Le résultat est irréprochable, sauve Lou Reed de la disparition, et permet à Bowie de participer à la conception d’un autre chef d’œuvre.

Dans le même temps, au fil des concerts, David Bowie a l’impression que son personnage commence à lui faire de l’ombre. Cette sensation d’enfermement l’amènera, lors d’un concert anthologique donné à l’Hammersmith Odeon, à tuer son personnage devant un public médusé.

Ce soir-là , Ziggy Stardust dit adieu à ces fan en ses termes : « Everybody… This has been one of the greatest tour of our life… First I’d like to thanks our road crew… And I’d like to thanks our to thanks our lighting people… Of all the show on this tour… This particular show will remain with us the longest, because…not only is it … Not only is it the last sshow of the tour, but it’s the last show that we’ll ever do. Thank you ». Après un show d’une telle puissance, capté sur un film culte, le groupe prend une claque. Lui non plus n’était pas au courant de cette décision radicale.

Cette décision marque aussi la mort d’un mouvement qui s’éteint aussi vite qu’il est né. Son influence survivra via le punk, Johnny Rotten ayant déjà avoué qu’il s’était inspiré de « Sufragette City » (paru dans l’album Ziggy Stardust), pour créer le son des Sex Pistols. Cette parenté est encore plus flagrante avec les New York Dolls, le groupe glam rock dont le premier album s’apparente à du punk avant l’heure.

Plus récemment, le garage rock de Ty Segall sur l’album « Manipulator » , et les mélodie des Lemon Twigs sont clairement issus des grands albums de Bowie et autres Trex .

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