Plongez dans le folk rock : partie 1… et Dylan réinventa la folk

New York début des années 60 :

Après des études qu’il n’a pas finies, Bob Dylan parvient enfin à atteindre New York. Ce voyage, Dylan l’a d’abord envisagé grâce au roman de Kerouac car, comme le disait l’auteur de « Sur La Route », « il n’est rien de plus noble que de s’accommoder des quelques désagréments que nous apportent les serpents et la poussière pour jouir d’une liberté absolue. »

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La poussière, il s’en accommode pour voir celui qui lui a montré la voie, le chanteur et militant Woody Guthrie. Chanteur contestataire, l’homme ressemble à un personnage d’un roman de Steinbeck, il subira d’ailleurs lui aussi les foudres des policiers. Considéré comme un agitateur, il est surtout un des plus célèbres chanteurs folk. L’Amérique lui doit une série de titres acoustiques, destinés à être appris facilement, afin de transmettre ses messages contestataires.

Quand Dylan vient lui rendre visite à l’hôpital, où il lutte contre la maladie de Huntington, la rencontre à des aires de passation de témoin. Si Dylan n’a pas encore la même sensibilité contestataire, il partage le même goût pour les mélodies acoustiques, qu’il utilise pour mettre en valeur ses textes poétiques.

Quand il cherche ses premiers engagements à New York, l’hiver reprend son souffle glacial. Le barde survit alors grâce à la générosité de quelques mères de substitutions, qui l’hébergent pendant ces jours de vaches maigres.

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Sur les conseils d’un autre musicien, il entre au Cafe Wha , ou il est engagé pour accompagner les chanteurs habitués à divertir les clients. Il fait donc ses premiers pas dans ce lieu, qui propose aussi bien des concerts que des prestations de magiciens et autres débutants du spectacle.

Entre les concerts, ses promenades le mènent au Gaslight, un haut lieu de la culture pop américaine réservé à des artistes confirmés. Il finira par y accéder grâce à l’aide de Camilla Adams, une habituée des clubs folk, qui lui permettent de se faire un nom.

Dans sa vie de bohème, Dylan devra toujours son salut aux femmes qu’il rencontre. Suze Rotolo, une jeune étudiante gauchiste, avec laquelle il sortira pendant quelque mois, influencera son écriture. On reconnait son influence sur le texte de « Master of War » , première protest songde Dylan. Attiré par le charisme de ce jeune songwritter, qui s’accompagne seulement d’une guitare et d’un harmonica, la presse finit par s’intéresser à ses performances.

Il obtient ainsi une série de critiques élogieuses dans la presse, ce qui incite John Hammond à se déplacer pour assister à une prestation du jeune prodige. L’homme est le patron de Columbia, la maison de disque qui a justement produit quelques albums de Woody Guthrie.L’homme ne tourne pas autour du pot, et propose un contrat d’enregistrement au barde.

De là tout s’enchaine, un premier album de reprise sort, et le fait connaitre dans le cercle fermé des puristes du folk, puis « The Freewheling Bob Dylan » lui succède rapidement.

Contrairement à son prédécesseur, « The Freewheling » est composé uniquement de morceaux originaux, dont le fameux « MasterOf War » et « A Hard Rain Gonna Fall », deux titres influencés par l’engagement social de Suze Rotollo.

Sur la pochette, elle pose une dernière fois avec le poète. Une page se tourne pour Dylan, et il est désormais le porte-parole de sa génération, qui écoute religieusement ses textes. Cette nouvelle notoriété lui permet d’effectuer un périple en Angleterre où, entre deux concerts, il fréquente les Beatles, assiste aux concerts des Kinks , des Who, et se passionne pour l’énergie de ces groupes.

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Il continue pourtant, durant l’année 64, à tenir le rôle que le public lui a assigné. C’est ainsi qu’ à son retour en Amérique, Joan Baez l’emmène faire la tournée des campus américains, et lui permet de participer au festival folk de Newport.

La date deviendra légendaire et, après que Baez ait dissipée le stress que son statut de porte-parole lui apportait, Dylan part vers d’autres chemins en 1965. Les groupes anglais qu’il a rencontré quelques mois plus tôt lui ont rappelé ses premiers émois musicaux, lorsqu’il se passionnait pour Elvis.

Il est désormais tant de se renouer avec ses premiers amours, et « Bring It All Back Home » est le premier épisode d’une trilogie qui le voit adapter le rock à ses racines folks. Profitant de ce virage, Dylan averti ses fidèles sur le premier titre « Don’t Follow The Leader », traduction : Vous n’avez rien à exiger de moi, Dylan reste un homme libre.

Quelques mois plus tôt, Roger Mcguin, David Crosby , et d’autres musiciens fans de Dylan entrent dans un cinéma pour visionner « A Hard Day Night », le film des Beatles. Cette séance est un électrochoc pour les jeunes américains, qui décident que leur groupe produira des mélodies calquées sur celles des quatre de Liverpool.

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Le destin va de nouveau s’en mêler lorsque, revenant du festival de Newport, leur manager leur propose d’enregistrer une reprise de « Mr Tambourine man », que Dylan a chanté lors du festival. Les Byrds acceptent avec joie, et reprennent le titre de leur premier héro dans une version rock. Inviter aux sessions d’enregistrement par leur producteur, Dylan est impressionné par ce qu’il entend, et son approbation donne une nouvelle force au groupe.

Malheureusement pour eux, la reprise mettra plusieurs mois avant de sortir, et entre temps Dylan se sera approprié la formule du folk rock qu’il commence à immortaliser lors des sessions qui donneront naissance à l’album « Bring It All Back Home ». Les Byrds ont ainsi influencé le virage électrique de leur héros. Mais ils ne signent avec une grande maison de disques que plusieurs semaines plus tard.

A une époque où le 33 tour est roi, Dylan est officiellement sacré créateur d’un nouveaux courant mélangeant le rock et la folk. Les Byrds pourront se consoler avec le monumentale succès de leur premier single, « Mr Tambourine man » , qui atteint les sommets des ventes, et leur permet d’effectuer la première partie de la tournée américaine des stones.

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La date qu’effectueront les deux groupes en Californie aura une importance capitale pour l’évolution de la scène Californienne. C’est là que les musiciens locaux, souvent influencés par la folk, sont séduits par le rhythm’n’blues du groupe de Keith Richard, et décide de s’y convertir. Pour cela, les Byrds leur montrent une nouvelle voie, qui leur permettra de se réapproprier les mélodies apportées par l’invasion anglaise.

C’est ainsi que naitront « Quicksilver Messenger Service », « Grateful Dead », « Big Brother », tous ces futurs héros du psychédélisme ayant démarré dans le folk rock.

Quelques mois plus tard, en 1965, le premier album des Byrds sort enfin. Sobrement intitulé « Mr Tambourine man », pour surfer sur le succès de leur premier single, le disque confirme définitivement la naissance du folk rock. Bourré de mélodie pop, rehaussé par l’énergie du rock , le tout sans perdre la simplicité du folk originel, l’album annonce tous ce qui lui succédera bientôt.

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