Rock psychédélique anglais et funk psychédélique – partie 2

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Si le rock psychédélique est surtout lié à l’Amérique, pays qui l’a vue naitre et se développer, les anglais ne sont pas en reste. Il ne faut pas oublier qu’avant même d’avoir touché à leurs premières pilules de LSD, les Beatles avaient annoncé le son psychédélique sur « tomorrow never know » , l’hallucinant morceaux expérimental de revolver.

Nous étions en 1966, les anglais ont donc découvert le rock planant en même temps que les Américains. Un an plus tard, les premières conséquences de cette initiation commencent à apparaitre, elles seront toutefois plus violentes que les mélodies américaines.

Bizarrement, c’est Eric Clapton qui sera un des premiers à suivre la voie initié par les Beatles. Après un passage rapide chez les yardbirds, l’homme est devenu une icône du blues en participant à un album de John Mayall. Mettant largement sa guitare en avant, le disque annonçait les guitares héros du hard rock, tout en restant proche du blues puriste que Clapton vénère.

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Là aussi, l’aventure fut de courte durée, et après avoir signé un tel album, Clapton s’entoure de nouveaux musiciens, et forme le groupe Cream. Ses collègues, Jack Bruce et Alexis Korner, sont eux aussi des gloires de la scène blues rock anglaise, et Cream s’impose comme la réunion de trois musiciens virtuoses.

Premier album du groupe, fresh cream balance un hard blues encore plus agressif que celui des yardbirds. Le psychédélisme, va entrer dans ses influences lorsque, après que leur manager l’ait invité à effectuer leur première partie, Hendrix éblouit le public anglais à grand coup de distorsion.

Sur le coup, Clapton s’effondre dans sa loge, il ne pourra jamais rivaliser avec une telle prestation. Ce choc lui a tout de même permis de voir que le rock était en train de changer de forme, et il est temps que Cream entre en studio pour participer à cette mutation.

Si l’album « disraely gears » , sorti en 1967, montre un Cream resté fidèle au blues, c’est un blues intelligemment coloré de relent psychédélique. Les flambées de guitare de « strange brew », et le solo aérien de « sunshine of your love », semblent d’ailleurs produits pour répondre aux distorsions cosmique de Hendrix. Ajouté à cela le poème épique « tales of the brave Ulysse », et vous obtenez un album qui flirt clairement avec le psychédélisme sans renier ses racines.

Symboles de ce changement, la pochette très coloré annonce la couleur de cette musique. Clapton montre une nouvelle voie, et l’album se vend à des millions d’exemplaires. Si son successeur « wheels of fire » garde la même fraicheur, « disraely gear » sera le seul disque réellement psyché du groupe.

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Autre power trio , Blue Cheers n’a jamais reçu les honneurs de son Amérique natale. Il faut dire que , plus portés sur les distorsion et les riffs agressifs que sur les mélodies et les jams virtuoses, le groupe était bien loin des cadors San Franciscain qui explosaient à l’époque.

Son premier album , sorti en 1967, est plutôt un monument de puissance chaotique. On peut se dire que Blue Cheers à annoncé l’avenir avec plusieurs années d’avance, et c’est sans doute cela qui l’a empêché de gravir les sommets du hit parade. Car, plus qu’un annonciateur de l’arrivé du hard rock, « vincebellum ereptum », le premier album du groupe, semble posé les bases de ce qui deviendra le stoner plusieurs décennies plus tard. On peut aussi voir dans cette énergie brute, et ce son lourd violent, une future influence du mouvement grunge.

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The Deviants, eux, ont une vision plus anarchiste de la culture hippie. Jamais signé sur un label, le groupe produit une musique violente et agressive, qui rejette toutes les normes de la pop. Initiateur de la fameuse devise « do it yourself » le groupe produit seul son premier album, Ptoof ! , qui sort en 1967.

Véritable boogie cosmique, la musique du groupe ouvre de nouvelles portes au psychédélisme et , lorsque le groupe se sépare après deux autres disques, c’est tout un pan du psychédélisme qui va naitre de ses cendres.

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Retenant la leçon offerte par le groupe anglais, les Pink Fairies produiront eux aussi un rock planant et agressif, qu’ils joueront gratuitement à l’entré des gros festivals. Sorti en 1971, alors que l’âge d’or du mouvement psyché est déjà passé, « never neverland » propose un proto hard rock puissant. Ce n’est pas pour rien que, pour former la première version de motorhead , Lemmy fera appel au guitariste des Pink Fairies.

Pour l’heure, le bassiste est encore en Angleterre, au sein d’un groupe de rock cosmique nommé Hawkwind. Le groupe a lui aussi des liens avec les déviants, son chanteur Mick Farren ayant participé à l’élaboration de certains textes.

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Mais ce sont surtout les poèmes apocalyptiques de Mickael Moorcok, un auteur de science fiction, qui vont donner au groupe sa grandeur cosmique. Charmé par les shows de Pink Floyd , le groupe transforme ses prestations en cérémonies futuristes.

Des pilules de LSD se glissent souvent dans les verres des spectateurs, qui n’ont pourtant pas besoin de ça pour entrer en transe. Sur scène, le groupe balance un rock psychédélique paranoïaque, agressif et hypnotique, et les déclamations prophétiques du chanteur ajoute un coté inquiétant au spectacle. A demie nue, une danseuse possédée se lance dans un rituel étrange.

Le spectacle fait l’effet d’un mauvais trip sous acide et, pour éviter la fuite des spectateurs les moins courageux, les portes sont fermées à clef. C’est cet épisode historique qui est capté sur le live « space ritual » , sorti en 1973, et dont l’originalité fascine encore de nos jours.

Entre temps, le psychédélisme aura flirté avec la pop, avec les Zombies, et le funk avec Sly and the family stone.

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Le premier fut un groupe anglais, repéré en 1964, après leur victoire à une sorte de télé crochet anglais. Il enregistre d’abord un premier titre, qui obtient un certains succès, avant de totalement s’effondrer, noyés par la concurrence et par un nom incongrue.

3 ans plus tard, les Zombies sont au bord du gouffre, mais trouvent tout de même le courage de s’enfermer en studio pour produire les 14 pistes qui composeront « odeyssey and oracle », leur dernière chance de succès.

Mais le groupe n’y croit déjà plus, et se sépare juste après la fin des séances d’enregistrements. Al Kooper, le producteur du disque, continuera pourtant à insister pour qu’il sorte aux Etats Unis, ce qui finit par arriver en 1969. Le disque obtient enfin le succès qu’il mérite, mais les Zombies ont déjà quittés le monde de la musique depuis plusieurs années. Groupe maudit, The Zombies laisse derrière lui un monument de la culture pop, dotés de mélodie baroques d’une incroyable beauté.

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Du coté du funk, Sly and the family stones c’est enfin fait remarqué au festival de Woodstock, après quatre albums honorables. Mélangeant la culture musical de ses membres, la musique du groupe est un savant mélange de psychédélisme, de funk , de rock et de gospel, le tout dans un esprit peace and love dans l’air du temps. Sorti en cette même année 1969, « stand » est l’album de leurs apogée, et voit le groupe prêche la tolérance dans de furieux titres pop, ou brille une guitare wah wah digne du grand Hendrix.

Bien ancré dans son époque sans manquer d’originalité, « stand ! » est sans doute l’album le plus important que le groupe ait pondu, un des disques que l’on choisirait sans hésiter pour définir le son des sixties.

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