Rock psychédélique : Naissance en Amérique – partie 1

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Nous sommes en plein été 1964 et, après avoir servi de cobaye lors de divers expériences sur les effets du LSD, Ken Kesey se met en tête de diffuser cette drogue. On sait qu’elle fut testée par la CIA , qui se demandait si les drogues ne pouvaient pas servir à maitriser les populations. Le projet, heureusement abandonné, été de diffuser ces substances par les canalisations d’eau.

Kesey a une tout autre vision du LSD. Auteur du roman « vol au dessus d’un nid de coucou », qui montrait déjà ses idées libertaires, il pense que ce psychotrope peut mener à « un autre niveau de conscience ». L’idée n’est pas neuve, Huxley l’avait déjà largement développée dans son roman « les portes de la perception », mais Kesey est sur le point de la démocratiser.

Il repeint donc un car scolaire d’après les visions que lui évoque le LSD, et s’entoure rapidement d’une bande de glorieux rêveurs, les merry prankers. Conduisant le camion, Neal Cassady se plaint encore de la façon dont Kerouac l’a décrit dans le roman « sur la route ». Livre de chevet de Dylan et roman culte de la beat génération, « sur la route » parlait de libérer les corps, il s’agit désormais de libérer les esprits.

Le tableau semblant incomplet, l’équipe invite un groupe de San Francisco à se joindre à eux. Convertit au folk rock après avoir assisté à un concert des stones, ou les byrds assuraient la première partie, le grateful dead est vite initié au LSD.

C’est sous cette influence qu’il commence à improviser dans un état second, sa musique n’est pas encore au point mais le vers psychédélique commence à se développer dans la culture folk San Franciscaine.

Il faudra toutefois attendre encore un peu pour que ces folks rockers donnent enfin naissance au rock psychédélique. Entre temps deux groupes majeurs auront annoncés leurs venus.

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En 1966, un groupe texan se fait remarqué en étant le premier à consommer du LSD sur scène. La substance n’est pas encore interdite à l’époque, mais cela n’empêche pas la police de harceler the thirtheenth floor elevator, pour l’exemple.

Cela n’empêche pas le groupe d’enregistrer un premier album aussi maudit que culte. Dans le studio, les musiciens place les micros dans des cruches vides. Cette méthode permet d’obtenir un gargouillement hypnotique, jamais reproduit depuis.

Sorti sous le titre « the 13 floor ellevator » , le disque disparait rapidement des radars, les texans venait pourtant d’enregistrer le premier album psychédélique. Ils poursuivront en donnant naissance à une poignée d’albums, sans retrouver la fascinante originalité de ce premier essai. Rapidement rattrapé par sa consommation d’acide, Roky Erickson, le leader du groupe, sombre dans la folie, et se fait interner en 1973. Perdu dans son paradis artificiel, le musicien achève son groupe, et laisse San Francisco devenir la terre natale « officielle » du mouvement rock psychédélique.

Car 1966 est aussi l’année ou, tout juste formé, Jefferson airplane, gratefull dead, quicksilver messenger service, et autres folk rockers prennent une énorme claque lorsqu’ils entendent les notes surréalistes de « East West ». Kesey leur avait montré un monde merveilleux, le Paul Butterfield blues band leurs offrait un modèle pour le mettre en musique.

Sur scène, Grateful dead est le premier à se découvrir un gout immodéré pour les improvisations sous acide, mais il faudra attendre des années pour que le groupe réussisse enfin à retranscrire ses instrumentaux hypnotiques sur disque.

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Entre temps, Jefferson airplane aura signé son premier contrat en 1965, mais le premier album qu’il sort quelques mois plus tard se contente de creuser le sillon du folk rock mélodique. Puis vint 1966, et le recrutement de Grace Slick.

La jeune fille connaissait le groupe depuis qu’elle a effectuée leurs premières parties, et sa voix puissante va rapidement permettre à l’airplane de développer sa version de la musique psyché. La chanteuse est aussi une songwritter et, lorsqu’elle présente aux autres musiciens ses deux dernières compositions, la légende se met en marche.

« White rabbit » et « somebody to love », en plus de faire exploser la popularité du groupe, vont vite devenir des hymnes de leur époque. Le premier, inspiré par le roman « Alice au pays des merveilles », est un crescendo jouissif, mené par la voix hypnotique de Grace. Au plus fort de cette monté en puissance, Slick lance religieusement, « feed your head » , à une époque où les pilules d’acides sont distribuées gratuitement, les hippies comprendront vite le message.

« somebody to love », lui, est un hymne à l’amour, une sorte de version moderne du « all you need is love » des Beatles. Porté par ses deux singles, l’album « surrealistique pillow » lance le groupe à l’international. Alors que le Dead ne s’est pas encore approché de la musique business, Jefferson airplanne vient de sortir un des premier sclassiques du psychédélisme, une véritable mine remplie de splendeurs acides.

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Issu lui aussi du milieu folk San Franciscain, Country Joe and the fish s’est déjà fait remarquer grâce aux protest song de Joseph Allen Mcdonald, qui attire l’oreille des cadres de Vanguard record. La maison de disque, jusque la spécialisée dans le folk et le blues, souhaite s’adapter a l’explosion du rock.

Ce partenariat donnera naissance à l’album « electric music for the mind and body », où le groupe attaque Lyndon Johnson dans un blues déstructuré. Le titre de cet album est une véritable déclaration d’intention, tant le blues rock nébuleux du groupe semble transporter l’auditeur dans un état second.

Chef d’œuvre incontestable, le disque ne sera pas un grand succès commercial, et il faudra attendre que le groupe réveille les hippies à woodstock, deux ans plus tard, pour que son statut soit enfin reconnu.

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Issu lui aussi d’un long cheminement, Quicksilver messenger service ne sort sont premier album qu’en 1968. Formé par des folk rockers, le groupe survivait grâce à de petits concerts, avant de rencontrer jefferson airplane et grateful dead dans une petite communauté hippie. Rapidement, les musiciens deviennent de grand consommateurs de drogues hallucinogènes, ce qui vaut des séjours en prison à certains, Dino Valente, le chanteur de Quicksilver messenger service.

Ces démêlés avec la justice expliquent sans doute que, malgré une notoriété croissante dès 1965, le groupe ne signera avec une maison de disque qu’en 1967. Le premier album du groupe sort l’année suivante, mais reste trop proche du folk rock pour faire mouche.

C’est donc en 1969 que quicksilver messenger service impose son nom sur la scène west coast, avec la sortie de l’album « happy trail ». Comme country joe and the fish, quicksilver messenger service à quitté le folk pour un blues planant, qu’on nommera plus tard acid rock.

L’album voit le groupe moderniser le blues avec deux reprises hypnotiques de Bo Diddley, porté par le feeling majestueux de John Cippolina.

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La même année voit enfin la sortie de l’album« axomodoa », chef d’œuvre du grateful dead, dont le tube « St Stephen » annonce l’âge d’or du mouvement psychédélique. Le groupe renchérit rapidement avec le fameux « live/dead », résumé fabuleux de ce jazz rock virtuose et hypnotique, que la formation développe avec brio lors d’instrumentaux surréalistes.

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Beaucoup moins connu que ses contemporains, love a pourtant écrit un chapitre incontournable dans l’histoire du rock psychédélique. Le groupe est formé en 1965, par Arthur Lee, un musicien ayant déjà officié dans plusieurs groupes de rythm n blues. Cette expérience explique que, dès ses débuts, le groupe obtient une grande notoriété. L’identité de love est complète lorsque, comme beaucoup de groupes de sa génération, il tombe amoureux du folk électrique.

Arthur Lee commence alors à mélanger cette nouvelle influence au rythm n blues. Signé par Elektrat, love produit deux premiers albums, ou brille déjà le talent d’écriture d’Arthur Lee. Mais c’est avec « forever change » que son génie s’exprimera pleinement.

Malheureusement, peu de temps avant l’enregistrement de l’album, Arthur Lee eu la mauvaise idée de conseiller à Elecktrat de s’intéresser à un petit groupe en pleine ascension. Un représentant du label est donc envoyé dans un bar où, comme possédé par l’esprit d’un shaman, Morrison hurle ses vers œdipiens : « Father I want to kill you ! Mother I want to … »Derrière lui, le groupe joue une musique agressive, mystique, qui donne plus de force au charisme poétique de son chanteur. Le label est sous le charme, le premier album est enregistré en un temps record, et fait un carton.

Elektrat décide alors de concentrer ses efforts sur les doors et délaisse love qui, en plus de ses ventes plus modestes, rechigne à s’éloigner de sa Californie natale. De plus, l’accouchement de « forever change » est compliqué. Le groupe ne trouve pas la bonne formule et, lorsque son producteur propose de faire venir des musiciens de studio sur certains morceaux, les débats ne font que ralentir le processus d’enregistrement.

Finalement, les musiciens abandonnent l’enregistrement pour répéter. Après avoir remis de l’ordre dans ses idées, love termine « forever changes » en trois jours. Entre folk psychédélique et ryth m n blues primaire, le disque est une mine de mélodies gracieuse.

Malheureusement, la promotion ne suit pas et, éclipsé par l’ascension des doors, le disque ne sera reconnu que des années après la fin du groupe. Il faut dire que, aussi originale soit elle, la beauté mélodique de love était solidement ancré dans son époque.

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Les doors eux, voyait plus loin, et annonçait la violence de la décennie suivante. Ce n’est pas pour rien que Morrison sera vénéré par Iggy Pop , le fondateur des stooge et parrain du punk. C’est aussi pour cela que les doors furent sans doute le groupe le plus acclamé de la scène west coast, qui commence déjà à se désagréger en cette fin sixties.

 

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