Focus : rock traditionnaliste

Contrairement à l’historique présenté précédemment, cette partie ne vise pas à présenter une scène particulière, mais bien une tendance qui a toujours existé dans le rock. La vague punk était déjà une forme de retour aux sources, dans le sens où elle revendiquait un retour a un rock simple et direct, débarrassé de toute virtuosité pompeuse.

Le rock sudiste a, lui aussi, représenté un certain traditionalisme rock, en produisant une musique aux racines blues/country très marquées. Ce focus se penche plutôt sur des cas isolés, et regroupe des artistes qui ont décidés d’un retour aux sources en solitaire.

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Commençons par le cas le plus emblématique, celui de Creedance Clearwater Revival. Mené d’une main de maitre par les frères Fogherty , grand fan d’Elvis et D’Howling Wolf, le groupe est repéré par Fantasy record en 1963.

Le rock commence tout juste à se renouveler et , connu pour ses artistes Jazz, le label souhaite participer à l’émergence de la scène rock montante. A l’époque, le groupe change sans cesse de nom, enregistrant quelques 45 tours sous le pseudonyme de «The Vision ». Mais fantasy ne semble pas convaincue par ses premiers titres, et commence à se désintéresser de ce groupe de rock traditionnel. Les musiciens vont ainsi passer plusieurs années à survivre grâce aux concerts.

Puis vient 1966, et ses premiers groupes psychédéliques, qui incitent le groupe à tenter un coup. Reniant pour la première fois son identité, il ce renomme « the golliwogs » et sort un 45 tour de pop psychédélique, dans l’espoir de se faire connaitre.

La tentative est encore un échec retentissant, mais le groupe en déduit qu’il doit poursuivre dans la voie qu’il s’est choisit. Il change donc une dernière fois son nom, Creedance clearwater revival est enfin né, et obtient un engagement régulier au Dino and Calito.

Dans ce club emblématique de North Beach , le groupe se fait les dents sur divers reprise issues du patrimoine musical américain. A la fin des prestations, ils sont étonnés de se voir applaudir par un public de hippies alors que leur musique tranche radicalement avec celle des groupes psychédéliques.

Conscient que l’heure d’enregistrer un album approche, le groupe s’enferme des heures dans une salle de répétions qu’il nomme la factory, et répète les chansons écrites par John Fogherty jusqu’à atteindre la perfection.

L’homme est si perfectionniste que, jugent certain titres incomplet il impose au groupe de travailler 4 heures de plus en studio. Heureusement, le résultat est à la hauteur de l’exigence du chanteur. Les chansons du groupe s’inscrivent dans la droite lignée du blues viscérale d’Howling Wolf, Creedence se limite à un rock carré et léger, et les refrains immédiatements assimilables ont des airs de tubes pop.

Premier 45 tours du groupe, « Suzie Q » le propulse au sommet des charts américains. Sans atteindre le même succès , l’album dont il est issu obtient des résultats commerciaux très prometteurs.

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Après un autre album du même tonneau, le groupe sort « green rivers » en 1969. L’album, plus country , quitte l’ambiance poisseuse des Bayou de Louisiane pour partir dans les eaux plus vives de Californie. Plus mélodique et classieux, il renforce le succès de Creedance, qui s’impose comme un incontournable représentant de la culture musicale américaine.

L’enregistrement de ce disque, qui parait en 1969, n’empêche pas le groupe de poursuivre les tournées à un rythme effréné. Récompensé par son apparition au Ed Sullivan show,une émission de télé devenue culte en Amérique, le groupe commence surtout à travailler sur ce qui restera son chef d’œuvre .

Sortie la même année, « Willie and the poor boy » est la célébration parfaite d’une bonne partie du patrimoine musicale américain. Le disque s’ouvre sur « down on the corner », un gospel minimaliste porté par des cœurs traditionnels, et la voix puissante de John Fogherty. On a ensuite droit à un blues avec la reprise de « coton field » de Leadbeally, et au rock rageur « fortunate son ».

Devenue l’une des chanson les plus connue sur le vietnam, « fortunate son » est surtout un rock puissant, et une protest song dont la puissance n’a rien à envier au « master of war » de Dylan. L’album célèbre aussi la classe laborieuse américaine, qu’elle travaille dans les champs, dans les usines, ou qu’elle tremble dans les forêts angoissantes du Vietnam.

De part sa musique et ses textes, le disque s’impose comme une célébration de l’identité culturelle américaine, et le succès commercial sera à la hauteur de cette réussite artistique. Le groupe sort ensuite le plus rock, mais très réussit « cosmo factory », avant de que le leadership de John Fogerty n’amène tout doucement le groupe à sa perte.

Le chanteur à toujours eu une grande influence sur la musique de creedance, dont il compose la quasi-totalité des chansons, mais son intransigeance et sa méfiance ne cesse d’augmenter. Résultat , lorsque le reste du groupe souhaite s’impliquer d’avantage, les querelles se multiplient, le menant lentement à sa perte.

Il enregistre encore un album discutable avant que Tom Fogherty, dégouté par une ambiance délétère, quitte le navire. Conscient que la séparation est imminente , Fantasy signe des contrats pour les futures carrières solos de chaque membre du groupe , qui se sépare définitivement en 1972.

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Plus traditionaliste encore, Billy Gibbons forme ZZ top à Houston en 1970. Nommer ainsi pour rendre hommage au bluesman BB King, qui lui a donné sa vocation, le groupe profite de l’explosion de Johnny Winter et autres blues bands pour signer rapidement son premier contrat.

C’est ainsi que, de 1971 à 1976, le groupe ne cessera de réadapter le blues, dépassant la fole énergie de Johnny Winter sur « tres hombre » et son hit « la grange », avant de flirter avec le feeling irrésistible de « sticky finger » sur « rio grande ». On mentionnera aussi le blues bucolique et rêveur de « tejas » , l’album le plus cruellement sous estimé du trio.

Et puis les barbus ont décidé de se moderniser, annonçant avec « deguello » les tubes hard fm à venir. L’album n’était pas foncièrement mauvais, son successeur ne sera pas mal non plus, mais ce n’était déjà plus le même groupe.

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Entre temps, un petit groupe d’australien aura conquis les cœurs des amoureux de rock simple et sans prise de tête. Né de la collaboration entre deux des plus célèbres frères guitaristes du rock, AC/DC doit d’abord sont ascension au chant théâtrale de Bon Scott.

L’homme à déjà une carrière derrière lui lorsqu’il intègre le groupe, mais les groupes pop ou hippies auxquelles il a participé se sont tous lamentablement plantés. Quant il est embauché par les frères Young, il sait qu’il tient sa dernière chance de succès.

AC/DC enchaine d’abord les concerts dans les clubs minables, où la tenue d’écolier et le jeu survolté d’Angus font déjà des merveilles. A la même époque, George Young, frère d’Angus, et ex membre du groupe à succès the easybeat , crée sa propre maison de disque.

Nommé Vanda et Young, elle va produire les albums les plus puissants et radicaux du groupe. Rapidement, la presse s’intéresse au gang, qu’elle classe dans la vague punk naissante à cause de sa musique primaire et énergique. En réalité, les titres en trois accords d’AC/DC ne font que réadapter Chuck Berry avec une puissance digne du hard rock triomphant.

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Le groupe produira ainsi 5 albums rugueux avec le duo Vanda et Young, avant de partir conquérir le grand public avec l’aide du producteur Eddie Krammer. Considérant le gang comme « un furieux groupe de pop », le producteur va inciter Bon Scott à travailler d’avantage son chant, et va confectionner les cœurs fédérateurs qui feront le succès du gang.

Le pari est réussit et « Highway to Hell » est un succès. Encouragé par cette réussite qui lui tend enfin les bras Bon Scott est au sommet de ses capacités. Film testament, « let there be rock » le montre dans toute sa grandeur théâtral.

L’homme ne verra jamais le succès phénoménal du groupe qu’il a fait décoller, et meurt noyé dans son vomit un soir de Février 1980. N’importe quel groupe aurait été stoppé net par un événement aussi brutale, AC/DC en fera une force.

Il embauche rapidement le chanteur Brian Johnson, choisit pour sa voix pas si différente de celle de Bon, et enregistre un « back in black », qu’il présente comme un hommage a son ancien chanteur. Le succès est colossal, et propulse AC/DC au sommet du rock mondial. Il ne cessera par la suite de forger ce rock carré et irrésistible avec brio !

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