Lomepal / Jeanine

Chaque mois retrouvez notre sélection d’albums coups de cœur à écouter :

LOMEPAL
JEANINE
sortie le 7 Décembre 2018
TITRES CONSEILLES

*Ne me ramène pas
*X-men
*1000°C
*Le vrai moi
*La vérité
*Le lendemain de l’orage
*Beau la folie
*Évidemment
*Dave Grohl
*Cinq doigts

Palpal revient un an après sa plus belle réussite « FLIP », son premier album, avec « Jeanine » son recueil en hommage à sa grand-mère partie il y a dix huit ans. Confession intime d’un jeune rappeur qui livre toutes ses folies et celles des autres en 17 titres.
Ses peurs, ses angoisses, son amour, son ascension et ses heures de grandes gloires comme ses heures de doutes, entre ombre et lumière, entre soleil et dépression assumée Lomepal se fait du bien et nous donne du bien avec son deuxième opus.

« 1000°C » en guise de single fut délivré il y a quelques mois, des feats prometteurs et une pochette sur fond vert/bleu avec ce regard perçant, puis plus rien…

Il faudra attendre le 7 décembre pour en découvrir plus.

Lomepal trouve sa voie et se concentre sur sa vie d’artiste, avec pour héritage la folie de sa grand mère qui était atteinte de schizophrénie.
Il aborde le thème et se pose des questions sur son avenir sur le premier titre « Ne me ramène pas » qui annonce la couleur sur la suite de l’album.
Même si « Mômes » reste assez positif en se disant que « la vie n’est qu’un jeu », « Xmen« , lui, pose les malaises d’un être en quête de reconnaissance et en pleine crise d’adolescence.

Des questions encore des questions, sur des sujets puissants, qui nous maintiennent en vie.
Introspection sur sa propre vie « Plus de larmes » retrouve son côté dépressif qui le pousserait au suicide, avec pour outro cette interlude de sa mère sur sa grand mère, et cette phrase qui qualifierait l’état général de cet album :

Quelqu’un qui accepte la folie de quelqu’un est nécessairement fou. C’est étrange dans cette société hein ?

On est tous fous face à la folie, ou complétement accro à cette folie qui nous met dans un état d’apaisement totale, de zénitude perdue par la relâche complète, l’extase, l’alcool, les filles…
La soirée bat son plein dans les yeux plissés d’Antoine et de Roméo Elvis, sur ce titre électro-rap « 1000°C« .
En allant chercher ses vieux démons, dans les souvenirs de sa grand mère, dans la débauche des soirées et dans l’âme profonde des filles (sur « FLIP » il s’en délectait, se faisait une joie de consommer le prix de la vertu) c’est sur un morceau quasiment inattendu nommé « Le vrai moi » : mélange acoustique qui rappelle certains titres de son précédent album en version Deluxe, que Lomepal se confie à celle qui le verra non pas comme un junkie mais tout simplement comme un homme qu’on aurait sorti de sa folie, de son mal être, de sa dépendance ou de ses péchés.
Chacun y verra son âme sœur comme une(un) super héros.

Autre feat de l’album, en plus de JeanJass et Roméo Elvis, Orelsan donne de ses punchlines sur le titre léger, « La vérité« . Une sorte de succès raté fait de petites attaques aux rappeurs hors compèt. Un titre qui nous ressort de l’ambiance général de cet ouvrage.
Autre facette du Pal, un peu déconcertante, troublé par le choix de la musique et le chant, car on avait compris qu’on serait un peu perturbé avec cet album, a en juger les premiers titres que l’on découvre au fur à mesure, mais à ce point,  pas vraiment !
« Trop beau » sorte de musique varièt, un peu chorale, qui séduira surement les minettes et minets en peine de cœur sur des textos déchirants pour reconquérir leur moitié.
Personnellement, j’ai passé l’age, comme dirait Lomepal sur le prochain titre « Le lendemain de l’orage« . Une sorte d’interprétation, où il prendrait la place de sa grand mère Jeanine, ou alors une sorte de « ménage » qu’il ferait autour de lui sur ses détracteurs. Ou une manière aussi de se défouler, où l’on revient sur le thème de la vérité qui fait du bien à dire…mais pas a attendre!

On continue sur le fait d’être fou, de ne pas être dans la norme avec le prochain morceau « Beau la folie« . Comme héritage, Lomepal trouve sa place parmi sa grand mère, avec cette folie qui touche sa famille, et qui la rend vulnérable, fragile et distante.
Une force qu’il met en valeur, et que transmet sa mère en fin de titre avec cette réplique forte, naïve, belle et enfantine de Jeanine :

On était six dans la 4L. Plus les valises et tous les trucs, elle voyait plus rien ma mère. Elle nous d’mandait toujours pour regarder pour doubler et tout. Et quand y’avait un croisement, elle disait : « Allez on suit le soleil ! » Si l’soleil était à droite, elle prenait le… à droite. Et à chaque fois elle rigolait, elle disait : « On part pour la nouvelle vie, pleine de soleil et pleine… Vous allez voir c’est une vie merveilleuse nouvelle qu’on va voir »

Exit la folie et sa grand mère pour les prochains titres.
« Evidemment » raconte son ascension au succès, sa côte de popularité augmenté, sa confiance en lui qui fait sa différence.
« Dave Grohl » est une quête à la recherche de son âme sœur, on retrouve légèrement le style et l’ambiance général de son premier album « FLIP« .
En parlant du monument « FLIP« , le prochain titre « Ma cousin » sorte d’antipode au titre « Évidemment » s’adresse aux haters, en multipliant les références en passant par ses titres « le lendemain de l’orage », « 1000°C »… Avec pour thème, et pour rappel, la folie, avec cette phrase qui résumerait bien le titre (et bien évidemment l’album) :

« Viens pas nous voir chez les fous, tu pourrais gâcher la fête »

 

Dernier titre chanté et dernier feat. dee l’album avec Philippe Katerine, sur le titre « Cinq doigts« , qui prône et met sur un piédestal son entourage pour cet album et la tournée « Flip tour« , comme les cinq doigts de la main, l’amitié en somme, tous unis sur la même paume.
Une œuvre admirative et instrumentale qui clôture l’album, « Dans le livret« , où les deux acteurs de leur protégée Jeanine la contemple et se donne la réplique en se disant « C’est beau…oui c’est beau »

C’est beau putain oui c’est beau cet album.
On assiste à un hommage pour celle qui a beaucoup compté pour lui mais en même temps qu’il a peu connu.
Entre désarroi totale, perte de repère, à travers elle et sa maladie, puis le regard des autres, il réalise un subtil mélange entre cette folie et son succès.
Tout est lié et tout se vit par le biais de ce regard troublant et persistant de celle qui brille dans et sur cet opus.

Lomepal se livre, se délivre de cette partie de lui, de cette famille déchirée et rongée par ces idées noires, ce sombre bonheur fait de rêves déchus et d’idées obscures, en livrant un album tout aussi étrange que fascinant.
La musique, le côté électro et populaire sur les mélodies acoustiques, par les cuivres et les synthés, le rap moins incisif qu’a l’accoutumé. Mais aussi le parlé et le chant très présent. Le changement est radical le temps d’un album poétique qui sort du percutant FLIP pour ne pas reproduire la même chose, et laisser place à quelque chose de plus profond et de plus touchant.

Cette douce folie pure, pas si simple, dure à entendre, triste par moment mais toujours juste. Lomepal modéré, bientôt en phase avec lui même, transmet avec honneur ses chansons comme dédicaces à celle dont le regard est connu de tous, celle dont on se sent tout d’un coup plus proche, celle qu’il a rendue fière à nos yeux et celle dont le nom résonne encore dans nos têtes : Jeanine.

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